Dimitri Poncelet
Psychothérapie et tests psychotechniques
PSYCHOLOGUE
Université Libre de Bruxelles
ASSON
(près de Nay)
5, chemin du Salhet
06 47 75 91 79
La parole, faute de mieux.
Mon bipède à lunettes est psychologue. C’est-à-dire qu’il prend les gens au sérieux, c’est son métier. Il pose des questions - auxquelles il ne répond pas - et il écoute. Ce qui est dit, ce qui est tu, ce qui est dit à la place de ce qu'on voulait dire, ce qui revient malgré soi. Le père absent. Un chien mort. Le père qui revient sous le nom du chien.
Il les écoute parler de leur patron. De leur enfance. De leur mère, encore. Il les écoute raconter leur histoire - toujours la même : l'enfant qui n'a pas été vu, l'adulte qui cherche encore à l'être. Qui cherche dans les voyages, dans les réussites professionnelles, dans les verres qu’il remplit et dans les lits qu’il partage.
Ces gens parlent parce qu’il ne comprennent pas quelque chose, et ils ne savent pas quoi. Ils brodent, ils bégaient autour de quelque chose qui leur échappe et qu’ils ne peuvent pas nommer. Ils répètent sans savoir qu’ils répètent une même pièce de théâtre, avec des décors différents.
Ils parlent encore et encore dans l'espoir qu'une prochaine phrase sera enfin la bonne, la juste, celle qui dira ce qu'il y a à dire et après laquelle ils pourront se taire. Les mots tournent autour. Les séances tournent autour. Toute une vie parfois tourne autour de ce point aveugle central - cette énigme soigneusement baptisée « moi ».